L’entrée au collège est une étape importante qui marque le passage de l’enfance à l’adolescence. Il est parfois difficile, pour certains enfants, de s’y adapter et d’y trouver leur place au point de développer une peur angoissante. C’est avec beaucoup d’intelligence et de bienveillance, que Magali Le Huche raconte dans Nowhere Girl sa propre histoire, celle d’une petite fille de 11 ans, atteinte de phobie scolaire et qui trouve comme échappatoire la musique, celle des Beatles.

Résumé : Magali a 11 ans. Elle aime les Beatles, dans la catégorie « passionnément » ou « à la folie ». Ce qu’elle aime moins, c’est l’école, surtout depuis qu’elle est au collège. Elle qui pensait être une élève comme les autres éprouve soudainement une peur panique à l’idée d’aller au collège. Telle une “Alice au pays des merveilles”, elle se réfugie alors dans l’univers parallèle des Beatles nourri de leur musique et de couleurs éclatantes. Une bande dessinée autobiographique, sensible et drôle, en dépit de la gravité du sujet, la phobie scolaire.

Mon avis : Auteure et illustratrice jeunesse confirmée, Magali Le Huche sort de sa zone de confort et propose une bande dessinée presque intimiste où elle ouvre les portes de son adolescence. Un passage douloureux mais qui fait, sans doute, la personne qu’elle est aujourd’hui.

Septembre 1991, Magali entre en 6ème avec pour volonté de devenir une très bonne élève comme sa sœur ainée. Mais rapidement, c’est la douche froide et l’adolescente n’arrive pas à trouver sa place dans ce nouvel environnement. Elle se renferme sur elle-même en cultivant une addiction aux Beatles et finit par développer une phobie scolaire. Entourée par une famille aimante et des professionnels, Magali arrivera à affronter ses peurs sur un air des quatre garçons dans le vent, of course !

Nowhere girl, c’est l’adulte mature qui parle à la petite fille qu’elle était via une sorte de journal intime qui fait le bilan de souffrances passées. Toutefois, Magali Le Huche a fait du chemin et aborde sa phobie scolaire sans jamais virer dans le pathos. Au contraire, elle choisit d’en parler avec bienveillance et humour surtout quand il s’agit d’évoquer son addiction pour les Beatles. Un passion dévorante, véritable fil rouge de toute l’histoire qui lui donne du peps et une certaine musicalité (il est inutile de préciser que j’avais envie d’écouter les Beatles en refermant la BD).

Nowhere girl, c’est aussi un traitement graphique efficace où les cases, majoritairement noires et rose, correspondent à l’adolescente naïve et un peu rêveuse qu’elle était. Parfois, elles sont supplantées par des planches aux couleurs explosives, celles consacrées aux Beatles, le moment d’évasion de Magali.

Nowhere girl, c’est aussi l’omniprésence des années 90 où l’on retrouve les fameux lecteurs K7 que l’on rembobine et les séries que l’on enregistre sur VHS. Un véritable clin d’œil nostalgique qui m’a emportée tout au long de l’histoire. Une bande dessinée que je recommande sans hésiter !

En bref : BD autobiographique, Nowhere girl aborde « la peur de se rendre à l’école », un thème rarement traité dans le 9ème art. L’auteure, Magali Le Huche en parle et l’illustre avec légèreté afin de sensibiliser le plus grand nombre à ce trouble encore méconnu mais bien véritable qu’est la phobie scolaire.

A lire si : vous avez envie de comprendre ce qu’est « la phobie scolaire » et rien qu’à entendre quelques notes des Beatles vous commencez à vous dandiner.

Cet ouvrage me fait penser à : « Love me do », The Beatles (of course !)

Ma note : 18/20