A la recherche d’une œuvre poétique, j’ai été happée par ce petit ovni littéraire. Un roman fait de « dessins et de mots » sur un sujet douloureux mais pourtant universel qu’est celui de la rupture amoureuse. Une œuvre artistico-littéraire à mettre entre toutes les mains.

Résumé : Et mon cœur se serra est un conte étrange en cent dix-neuf dessins de l’artiste connu sous le nom « Le Sonneur » et vingt-huit textes d’Antoine Laurain. Entre art et littérature, entre roman dessiné et poésie typographique. De cette aimée enfuie et perdue, nous ne connaîtrons jamais le nom, mais elle hante le livre. L’amour, la rupture, la solitude, l’espoir. Comment transmettre les sentiments en trois couleurs : rouge, noir, blanc ? Comment les faire passer avec juste vingt-six lettres dans l’alphabet ?

Mon avis : Et mon cœur se serra est le fruit d’une parfaite symbiose entre deux arts et deux artistes, l’un jouant avec les mots et l’autre avec les formes. A la manière d’un carnet de bord, Antoine Laurain et Le Sonneur, transmettent avec émotion et sensibilité la difficulté à exister après le départ de l’être aimé.e

Derrière le récit de cet homme blessé, se cache une histoire universelle et intemporelle, celle de la séparation amoureuse. Cette rupture qui laisse l’un vidé, anéanti, blessé, amoché, déprimé. Et cet.te autre qui est parti.e sans se retourner et dont l’absence ne peut être comblée.

Et mon cœur se serra est aussi l’histoire d’un cheminement et d’une reconstruction. D’ailleurs, l’omniprésence d’une échelle dans les illustrations résonne comme la symbolisation onirique de l’inaccessible et de cet amour devenu hors d’atteinte.

Et si, tout compte fait ne fallait-il pas la laisser derrière soi et emprunter un autre chemin ?

La complicité entre les deux artistes est évidente car les mots d’Antoine Laurain sont comme la résonance du travail de Le Sonneur, et vice-versa. Une réalisation d’une grande prouesse sachant que les illustrations préexistaient au scénario, ce qui, habituellement, est le contraire dans ce type de collaboration.

J’ai été absorbée par cette histoire dès les premières pages car Antoine Laurain crée instinctivement une connivence avec le lecteur. D’ailleurs, l’ouverture sur une lettre envoyée à « celle qui est partie », immerge celui-ci au cœur de l’intime du personnage principal. Les mots sont pesés et poétiques et malgré une trame narrative plutôt floue, l’écrivain arrive à nous mener au bout du chemin.

Les illustrations, quant à elles, sont à l’image de l’artiste : tricolores (noir, rouge, blanc), sobres et mystérieuses ce qui laisse une grande place à l’imaginaire et à l’interprétation.

La rupture amoureuse est un moment de notre vie qui nous bouleverse et nous change à tout jamais, un peu comme la lecture de Et mon cœur se serra.

En bref : Et mon cœur se serra est un petit bijou littéraire, un roman pépite qui est aussi beau à lire qu’à regarder. Un véritable progression intime où les émotions se croisent, où chaque mot et chaque illustration nous transpercent avec une vérité, celle de la douleur d’une rupture amoureuse.

A lire si : vous avez envie de sortir des sentiers battus et découvrir des « terres » littéraires inexplorées et si vous êtes un.e inconditionnel.le de l’amour sous toutes ses formes.

Cet ouvrage me fait penser à : « Another love », Tom Odell

Ma note : 19/20