Je vous parle aujourd’hui de Grimoire Noir né de la collaboration entre Vera Greentea (scénario) & Yana Bogatch (illustrations) et paru aux éditions Glénat. Un roman graphique qui nous transporte en plein milieu d’une sombre enquête le tout dans un univers romantique, gothique et magique. Un vrai grimoire noir !

Résumé : « Tu n’es pas un sorcier Bucky ! ». Nous sommes aux États-Unis à une époque proche de la nôtre. La commune de Blackwell est la seule de tout le pays à ne pas considérer la sorcellerie comme un acte criminel. Cela n’empêche cependant pas certaines sorcières à abuser de leur magie… Dans cette petite ville, Bucky Orson est un peu morose – qui ne l’est pas, à 15 ans ? Alors que sa meilleure amie l’a quitté pour traîner avec des gens bien plus cool, sa jeune soeur vient d’être kidnappée dans des circonstances troubles. Et face à l’impuissance de son père, shérif de la ville, Bucky décide de mener lui-même l’enquête. Finira-t-il par percer les mystères de la magie de Blackwell ?

Mon avis : Les histoires de sorcières ne sont pas réservées qu’aux enfants. Vera Greentea et Yana Bogatch le prouvent avec un roman graphique qui mêle enquête et magie, une combinaison parfaite pour une atmosphère obscure et intimidante.

La petite Heidi Orson a disparu. Mystérieusement et sans laisser de traces derrière elle. Son frère, Bucky, convaincu qu’elle a été enlevée, décide de mener l’enquête…

De prime abord, le scénario pourrait sembler « déjà vu » mais c’était sans compter Vera Greentea qui y ajoute une touche de magie et de sorcellerie. C’est donc une enquête mi-réelle mi-fantastique qui se mène en 12 chapitres où sont intelligemment dissimulés tous les indices nécessaires à sa résolution. D’ailleurs, une seconde lecture avec un œil plus averti m’a semblé intéressante.

Au-delà du scénario qui est certes bien ficelé, la véritable claque de la BD est visuelle. Le travail de Yana Bogatch emporte le lecteur dans un univers à mi-chemin entre polar des années 50 et manga japonais. J’ai particulièrement été bluffée par l’expressivité des visages qui sont représentés sur une majeure partie des cases de l’histoire. Les traits sont très travaillés ce qui témoigne du perfectionnisme de l’illustratrice. J’ai parfois eu l’impression de regarder des captures d’écrans d’animés japonais.

J’avoue avoir été émerveillée par les illustrations alors que je ne suis pas une grande amatrice de BD en bichromie (ma préférence va largement aux palettes vives et variées). Non seulement ce choix graphique donne du sens au contexte, pesant et sombre, de l’histoire mais Yana Bogatch arrive à sublimer les planches en apportant, à juste dose, quelques touches de couleurs. Je relève notamment le bleu hypnotique et électrique qu’elle utilise pour symboliser les pouvoirs d’une des sorcières.

Grimoire noir est donc un polar efficace sous fond de sorcellerie qui n’est pas sans rappeler une des sombres histoires des Etats-Unis, celle des sorcières de Salem. Je vous conseille, à ce titre, l’excellente bande dessinée Les filles de Salem (Thomas Gilbert, éd. Dargaud, 2018) qui retrace le procès des treize « Sorcières de Salem ».

En bref : Une bande-dessinée à l’ambiance gothique ensorceleuse avec en toile de fond une enquête envoutante et envoutée. Elle aborde, en prime, des thèmes plus orientés vers les jeunes adultes tels que les relations amoureuses et sociales ainsi que le désir de liberté et d’émancipation.

A lire si : vous aimez l’univers de la sorcellerie et des sorcières, vous avez envie de mener une enquête avec une touche de magie et vous voulez découvrir de magnifiques illustrations et le talent incroyable de Yana Bogatch.

Cet ouvrage me fait penser à : « The curse », Agnès Obel.

Ma note : 16/20 (mention spéciale : 20/20 pour les illustrations)