Cinq années. Il aura fallu cinq ans à Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil pour produire les deux volumes de L’âge d’or. Ce diptyque, publié aux éditions Dupuis, est aussi puissant par son esthétisme que par sa trame narrative et nous emmène dans un univers médiéval fantastique haut en couleur. Préparez-vous à en prendre plein les yeux…

Résumés :

Volume 1 : On y découvre Tilda, une princesse écartée du trône au profit de son jeune frère. Un « coup d’état » orchestré par sa propre mère et le régent Vaudémont. Destituée de son titre et réduite à l’exil, elle n’a qu’un objectif, reconquérir le pouvoir afin de mener à bien les réformes qu’elle envisageait. Désireuse de soulager son peuple, elle s’accompagne de ses fidèles amis, le seigneur Tankred et son loyal protégé Bertil. A trois, ils se lancent dans une fantastique et courageuse épopée. Lors de son cheminement, elle y découvre une légende, celle de l’Age d’or, un âge où les hommes vivaient libres et égaux. Mais n’est-ce pas qu’une utopie ?

Volume 2 : Le second tome marque un saut de plusieurs années dans le temps. On y retrouve une Tilda transformée, réelle cheffe de guerre prête à tout pour reconquérir son royaume. Grâce à son armée, elle a assiégé le château de son frère. Mais Tilda semble changée comme obsédée par sa quête de pouvoir au détriment de ses hommes. Serait-elle sous l’emprise du fameux coffre trouvé dans la province d’Ohman ? De leur côté, les insurgés, accompagnés par Hellier et Bertil, poursuivent leur idéal d’égalité et de liberté. Tilda réussira-t-elle à mener sa quête initiale ? Les insurgés parviendront-ils à rétablir cet Age d’Or auquel ils prétendent ? Et surtout, que renferme le fameux trésor d’Ohman ?

Mon avis : Deux ans après le volume 1, L’âge d’or (volume 2) nous laisse sans voix dès les premières pages. A nouveau, Pedrosa donne une dynamique au scénario via des illustrations aux couleurs spectaculaires. Celles-ci pourraient s’assimiler à des enluminures modernes pour leurs tonalités flamboyantes qui posent l’ambiance du décor. Mais pourraient aussi s’apparenter aux tapisseries de Bayeux notamment par ces planches dynamiques où le.s personnage.s se déplace.nt sur la même case.

Le second opus marque toutefois une rupture dans les nuances choisies qui sont beaucoup plus froides et hivernales avec une majorité de bleu, de violet et de vert. Ces choix sont à mettre en parallèle avec la tournure beaucoup plus sombre qu’ont pris les événements et les personnages notamment Tilda.

Cette dernière semble, emplie de colère et de rage, prête à tout pour arriver à ses fins au risque d’oublier ce pourquoi elle se battait. Elle semble complètement accro à ce que renferme le trésor d’Ohman. Mais n’est-ce-pas là le message que Roxanne Moreil veut nous faire passer? A savoir que, la soif de pouvoir corrompt et obnubile les âmes au détriment de toutes les valeurs humaines.

Totalement envoutée par le volume 1, j’ai réitéré l’expérience avec le second et je n’ai pas été déçue. Les fresques médiévales sont percutantes et éblouissantes. C’est un réel coup de cœur que je recommande à chacun de lire, amateur de BD ou non.

En bref : L’âge d’or est un fabuleux conte médiéval qui reprend tous les codes d’une utopie politique intemporelle. Un chef-œuvre en deux volumes aussi éblouissants par leur graphisme que riches par leur contenu.

A lire si : vous aimez les quêtes médiévales avec un petit plus « fantastique », vous avez envie de faire plaisir à vos yeux et que vous avez un faible pour les héroïnes complexes à la fois sombres et utopistes.

Cet ouvrage me fait penser à : “Courage to change“, Sia.

Ma note : 20/20 (sans hésiter).