Je n’ai pas fait la rencontre de Liv Maria par hasard. Le cinquième roman de Julia Kerninon a été applaudi par la critique et salué par bon nombre de bloggeuses littéraires. L’histoire d’une femme libre ne me laissait pas indifférente. Alors, à mon tour, je me suis décidée à me faire ma propre opinion.

Résumé : Son nom est Liv Maria Christensen. Enfant solitaire née sur une île bretonne, entre une mère tenancière de café et un père marin norvégien. Envoyée subitement à Berlin à l’âge de 17 ans, elle tombe amoureuse de son professeur d’anglais. Le temps d’un été, elle apprend tout. Le plaisir des corps, l’intensité des échanges. Mais, à peine sortie de l’adolescence, elle a déjà perdu tous ses repères. Ses parents décèdent dans un accident, la voilà orpheline. Et le professeur d’été n’était peut-être qu’un mirage. Alors, Liv Maria s’invente pendant des années une existence libre en Amérique latine. Puis, par la grâce d’un nouvel amour, elle s’ancre dans une histoire de famille paisible, en Irlande. Deux fils viennent au monde. Mais Liv Maria reste une femme insaisissable, même pour ses proches. Comment se tenir là, dans cette vie, avec le souvenir de toutes celles d’avant ?

« Julia Kerninon brosse le portrait éblouissant d’une femme marquée à vif par un secret inavouable. Et explore avec une grande justesse les détours de l’intime, les jeux de l’apparence et de la vérité ».

Mon avis : Liv Maria, publié aux éditions Iconoclaste, est le premier roman de Julia Kerninon que je tiens entre mes mains. La nantaise n’est pourtant pas à son coup d’essai avec notamment Buvard (éd. Actes Sud, 2014 Prix Françoise Sagan) ou Ma dévotion (éd. du Rouergue, 2018).

Abonnée aux héroïnes, l’auteure nous propose de rentrer dans l’intimité de Liv Maria, une bretonne bordée d’amour et protégée par sa vie d’insulaire. Jusqu’au jour où suite à un terrible événement, sa vie va être bouleversée. A tout juste 17 ans, Liv Maria fait la rencontre d’un homme, Fergus et vit ses premiers émois. Elle est mineure, son élève et insouciante. Il est quarantenaire, son professeur et marié. Pourtant, cette relation, le temps d’un été, la changera à tout jamais.

Au travers de son dernier roman, j’ai découvert une auteure à la plume poétique et à l’écriture pleine de fraicheur. On pourrait comparer son ouvrage à une invitation au voyage, celui de la vie de Liv Maria. Il y a tout d’abord le voyage initiatique d’une enfant innocente qui bascule vers l’âge adulte, y découvre ses plaisirs avant de devenir une femme mature, mariée et mère. Mais aussi le voyage des sensations et des sentiments à travers ses rencontres amoureuses : le premier amour, l’amant et le mari. Et puis, il y a ce voyage en filigrane, entre deux continents et plusieurs terres : la France, l’Allemagne, le Chili, l’Irlande.

Julia Kerninon brosse le portrait d’une femme libre aux multiples vies et au terrible secret. Mais, peut-on encore vivre librement quand on est prisonnière dans sa tête ? Le poids du passé aura-t-il raison de son destin ?

Une jolie histoire à la prose fine et féminine qui n’a pourtant pas été un coup de cœur. Un roman que j’ai lu en une soirée mais qui m’a laissée sur ma faim. J’ai eu du mal à rentrer au plus profond des sentiments de l’héroïne. L’utilisation de la troisième personne en est sans doute la raison. Mais, comme je n’aime pas rester sur cette impression, je vais sans aucun doute m’atteler à découvrir d’autres de ses romans. Affaire à suivre…

En bref : Liv Maria n’est pas une romance c’est une leçon de vie, celle d’une femme prête à tout pour garder sa liberté et rester cet électron libre quel qu’en soit le prix.

A lire si : vous êtes sensible aux belles plumes romanesques et que vous aimez découvrir le destin de nouvelles héroïnes libres et indépendantes.

Cet ouvrage me fait penser à : « Le vent nous portera », Noir Désir. « La caresse et la mitraille et cette plaie qui nous tiraille. Le palais des autres jours d’hier et demain. Le vent les portera. »

Ma note : 16/20