Couverture Peau d'Homme d'Hubert et Zanzim

Peau d’Homme, Hubert & Zanzim : une bande dessinée féministe et engagée

La littérature c’est un peu comme la vie, il faut la laisser nous surprendre. Ces derniers mois, je suis sortie des sentiers battus côté lecture. J’avais une idée faussée de la bande dessinée. Vous savez cette image un peu désuète de quelques classiques du genre abandonnés dans notre bibliothèque d’enfance. J’en avais déduit que la BD ce n’était pas pour moi. Et puis, au détour d’une conversation, mon librairie évoque Peau d’Homme de Hubert et Zanzim qu’il décrit comme une pépite. Je lui fais confiance, je repars avec l’ouvrage sous le bras. Le voilà ravi et moi aussi.

Peau d’Homme : résumé

Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout.

Mais c’était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d’homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d’un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d’homme, Bianca s’affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l’amour et la sexualité.

Peau Homme Hubert et Zanzim

Une libération sexuelle et sentimentale

Peau d’Homme d’Hubert et Zanzim est tout simplement un bijou. C’est à la fois un magnifique objet, la couverture est soignée presque précieuse, les planches sont lumineuses et bien découpées. Mais c’est aussi un véritable roman graphique destiné à nous faire passer des messages forts.

L’héroïne principale, Bianca, apparait rapidement comme une jeune femme moderne dans une Italie du XVe siècle dominée par la religion et le patriarcat. Elle est révoltée par la situation qui s’impose à elle : se marier à une personne qu’elle n’a pas choisie et qu’elle ne connaît pas. C’est sans compter l’intervention de sa tante qui lui transmet la fameuse peau d’homme.

En devenant Lorenzo, notre héroïne s’affranchit des codes et découvre un univers masculin insoupçonné. On suit alors son voyage initiatique à travers une double posture qu’elle aborde aux yeux de la société : Bianca/Lorenzo. L’homme qu’elle vêtit lui permet de découvrir la sexualité et l’importance des sentiments. La femme qu’elle est s’émancipe et s’affirme au fur et à mesure.

Je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir les délicats détails de cette BD par vous-même. Un ouvrage que vous allez, sans aucun doute, dévorer d’une traite comme je l’ai fait. Effet « waouh » garanti.

Ma note : 20/20
La liberté d’aimer est un thème qui vous tient à cœur ? Vous allez sans doute dévorer la BD reportage Love Story à l’iranienne !